On aurait dit une femme couchée sur le dos

Eh oui encore un auteur belge…. nous sommes un petit pays mais nous avons de grands talents 🙂

Je vous présente le dernier né de Corine Jamar: On aurait dit une femme couchée sur le dos dont j’ai eu l’énorme privilège de pouvoir découvrir en avant première.

Je profite de l’occasion pour remercier madame Jamar pour cette belle découverte.

ob_94ff3a_roman-corine-jDéracinée, Samira a trouvé en Crète un lieu pour vivre, un univers qui, s’il lui demeure un peu étranger, est devenu profondément le sien, sublimé par la mer et les montagnes qui en forment les contours. Elle épouse là le bel Eleftheris et ouvre une petite cantine sur la plage de l’Akrotiri, mondialement célèbre depuis le succès du film Zorba le Grec. Son bonheur n’est cependant pas sans ombres… Comment oublier qu’elle a trahi de vieux amis – et fermé les yeux sur un meurtre – pour le gagner ? Comment accepter les règles ancestrales, parfois si violentes, qui gouvernent la communauté où elle vit désormais ? Guidée par la présence quasi palpable des dieux anciens et soutenue par son ami Walter, le chef opérateur de Zorba, qui a choisi lui aussi de vivre sur l’île, Samira trace lentement son chemin vers une véritable rédemption.
L’écriture vive et charnelle de Corine Jamar traduit finement cette quête d’authenticité et d’accomplissement qui anime ses personnages, et leur confère une émouvante justesse. Leurs doutes, leurs contradictions et leurs espoirs ne seraient-ils pas les nôtres ?
Le roman raconte l’histoire d’une femme qui, lorsqu’elle rencontre l’homme de sa vie, un Crétois, et s’installe sur l’île, trahit de vieux amis. Ce thème de la trahison est traité de manière touchante et originale.
Le cadre du roman est peu connu et fascinant : la Crète y apparaît comme un monde à part où subsistent, pour le meilleur et pour le pire, des règles et un système de valeurs particuliers.
Un des personnages se détache des autres : le chef opérateur (bien réel) de Zorba le Grec, venu vivre là où a été tourné le film de Cacoyannis.
Une écriture d’une grande fluidité, un roman composé par petites touches, dont le dessin principal n’apparaît que petit à petit, nous laissant avec l’évidence que les choses ne sont jamais aussi simples que l’on aimerait le croire.

Une petite vidéo de présentation, juste pour l’ambiance…
http://youtu.be/JqXKjLSLAPY

Biographie de l’auteur:

Corine Jamar écrit depuis toujours. Elle est née à Bruxelles, en 1962, sa mère est femme au foyer, son père, économiste, cadre dans une société d’ingénierie. Corine voit le jour dans une famille « tennistique » : sa grand-mère maternelle, Josane Sigart a remporté Wimbledon en double en 1932. Ses grands-parents paternels pratiquaient également ce sport. Son père, André Jamar, fut deuxième joueur belge dans les années 60. Son frère est professeur de tennis ! Seul artiste de la famille : l’arrière-grand-père, Armand Jamar, peintre postimpressionniste.

Corine, enfant turbulente et pas très bonne à l’école sauf en français, sait qu’elle veut écrire depuis qu’elle est toute petite. Mais elle freine des quatre fers, n’écrivant que la nuit ou le week end, ne croyant pas un instant à la possibilité d’être un jour publiée. Elle emprunte de nombreux chemins de traverse avant d’enfin se consacrer à sa vraie passion.

Elle commence sa vie professionnelle en exerçant le métier de directrice artistique dans d’importantes agences internationales de publicité pendant une dizaine d’années. En 1993, sa fille aînée naît, lourdement handicapée. C’est le déclencheur : Corine Jamar décide de se consacrer à ce qu’elle aime, à ce qui lui fait du bien : écrire.

Elle publie sept albums pour les enfants, de 1996 à 2007. En 1999, elle scénarise sa première BD, Les filles d’Aphrodite (3 tomes, Glénat, avec André Taymans). Les deux premiers tomes de Mermaid Project, écrits en collaboration avec Léo et dessinés par Fred Simon, paraissent chez Dargaud en 2012 et 2013. Le troisième opus de la série paraît en 2014.

Elle a également été chroniqueuse littéraire pour les magazines Famille et Victoire, ainsi que pour le site de la librairie de BD Brüsel. Elle écrit de temps en temps des articles dans le journal Kairos.

http://www.corinejamar.be/

http://www.corinejamar.be/2014/08/08/lire-quoi-pourquoi-comment-a-lu-on-aurait-dit-une-femme-couchee-sur-le-dos/

Ma critique perso:

Voilà de quoi rester sur un air de vacances.

Je découvre que La Crète est une grande île d’une variété étonnante. Elle combine des montagnes enneigées, des collines couverte d’oliviers et plus de 1000 kilomètres de littoral varié. La Crète a plus de plantes endémiques que toute autre île d’Europe.

Ma mère aurait tant voulu garder son rêve de Crète intact, vierge, pur et immaculé comme l’étaient les plages avant l’arrivée de l’homme. Tous les jours, consciencieusement, elle ramassait les détritus que rejetait la mer, espérant que ce travail pourrait racheter ses fautes, effacer ses erreurs. Sur la pointe extrême de la péninsule de l’Akrotiri se trouvait cette plage, longue de quelques centaines de mètres, dont elle était tombée amoureuse. C’était bien avant ma naissance. Elle était jeune alors et le vent qui souffle là-bas n’avait pas encore trouvé de mèches grises dans ses longs cheveux bouclés, si difficiles à démêler. Mon père ne voulait jamais qu’elle les attache, il lui disait toujours : « Laisse-les libres, Samira ».

J’ai vraiment apprécié ce moment de lecture, la découverte de la Crète, des Crètois, de la plage, la montagne et surtout des personnages atypiques, attachants et mystérieux.

Bref des personnages « vrais » avec les non dits, les secrets, les blessures mais surtout leurs envie de changer les choses, de recherche de bonheur…

J’adore la manière avec laquelle l’histoire est racontée, de passer de la description aux dialogues et aussi nous faire réfléchir au pourquoi du comment, tout cela en nous tenant en halène jusqu’à la dernière page. Sans jamais ressentir l’ennui du texte trop long.

Dire que ma mère, au début, le croyait simple, facile à cerner: une montagne aux contours bien découpés, bien nets. Mais c’était oublier les nombreuses cavernes qui trouaient sa roche. Mon père sa logique, sa façon de penser, étaient aussi difficile à suivre que les nombreux chemins de montagne qu’aucune indication, même pas un cairn, ne venait baliser.

Félicitations madame Jamar, vous tenez là un superbe roman, vraiment bien écrit, vous maitrisez le sujet  et cela me donne envie de découvrir la Crète mais également de voir un certain film: Zorba le grec pour ne pas le citer 🙂

J’ai été chercher quelques informations (merci Wikipédia) parce que j’avoue je ne connaissais que le nom, donc: Zorba le Grec (Αλέξης Ζορμπάς / Aléxis Zorbás) est un film américano-britanno-grec réalisé par Michael Cacoyannis en 1964, adapté du roman de Níkos Kazantzákis Aléxis Zorbás (1946).

  • C’est pendant ce tournage que fut créé le fameux sirtaki, une danse qui fut créée exclusivement pour les besoins du film et qui était alors inconnue des Crétois et allait cependant faire le tour du monde.
  • Le film fut entièrement tourné en Crète à La Canée, à l’est de cette ville dans la région d’Apokóronas, ainsi que dans la péninsule d’Akrotiri. C’est d’ailleurs sur la plage de Stavros, au nord de cette même péninsule que fut tournée la fameuse scène dans laquelle Zorba apprend à Basil à danser le sirtaki.
  • Le futur réalisateur George Pan Cosmatos joue ici le rôle du garçon couvert d’acné qui couche sur papier les pensées de Zorba.
  • Zorba le Grec a inspiré le nom d’un personnage du feuilleton d’espionnage Bons baisers de partout de Pierre Dac et Louis Rognoni appelé Zorbec Legras.
  • La musique de Mikis Theodorakis est restée célèbre et a popularisé le folklore grec dans le monde entier.

Le film raconte l histoire de Basil, un jeune écrivain britannique, retourne en Crète pour prendre possession de l’héritage paternel. Il rencontre Zorba, un Grec exubérant qui insiste pour lui servir de guide. Les deux hommes sont différents en tous points : Zorba aime boire, rire, chanter et danser, il vit à sa guise alors que Basil reste empêtré dans sa bonne éducation. Ils deviennent cependant amis et s’associent pour exploiter une mine. Zorba entreprend de construire un téléphérique et Basil lui fait confiance, mais c’est un échec. Zorba s’en moque. Il rit et court sur la plage. Vaincu et conquis, Basil lui demande alors de lui apprendre à danser le sirtaki

Et maintenant on peut y ajouter:

  • Zorba le Grec a inspiré Corine Jamar pour ce roman. 🙂

Le coin était encore très sauvage et c’est ce qui l’avait attirée, ce qui LES avait attirés: ses amis Claudie et Fred étaient avec elle, eux aussi avaient tout quitté pour venir vivre ici. C’est ensemble qu’ils avaient découvert cette plage où il n’y avait encore rien, pas la moindre petite cantine. Ils allaient être les premiers à en ouvrir une.
Fred avait acheté d’occasion une vieille caravane de la marque Escargot, le modèle arrondi si typique des années cinquante avec son toit relevable et, à l’intérieur, ses belles parois en bois moucheté. Il avait remplacé les pneus, les suspensions, remis les jantes en état, puis il l’avait arrimée à son Honda Jazz, plus très neuve elle non plus mais ouf, elle avait tenu le coup. Au port du Pirée, ils avaient embarqué sur un de ces gros ferrys qui transportent tout, motos, voitures, caravanes, camping-cars, camions. Une des premières choses que ma mère avait faites une fois arrivés en Crète, c’est repeindre tout l’extérieur de la caravane, jusqu’aux bas de caisse, en bleu, le même bleu que le ciel au-dessus d’elle – le revêtement gris d’origine lui faisait trop penser à sa vie d’avant. Ensuite, elle avait dessiné des soleils, des coquillages et des petits palmiers, ceux-là mêmes qu’elle griffonnait toujours sur les cartons de bière des cafés parisiens où elle traînait en attendant le départ.
Comme s’ils avaient eu le pouvoir d’en avancer la date.

Le roman sortira fin Août aux éditions Le Castor Astral et je vous le recommande vivement…….vous ne serez pas déçu du voyage…..

http://www.castorastral.com/

« une plage sans cornets de glace, c’est un peu comme une île grecque sans ciel bleu »

Bonne lecture et n’oubliez pas la lecture est encore plus enrichissante quand elle permet les échanges.

I.G.

2 réflexions au sujet de « On aurait dit une femme couchée sur le dos »

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