Les 12 de septembre

Nous y voilà, septembre c’est la rentrée des classes pour nos chères têtes blondes mais aussi la rentrée littéraire, en voici un petit aperçu mais également une sélection de mes envies.

Alors pour débuter, oui je sais on aime où on déteste mais personne ne reste indifférent à ces livres….

Pétronille d’Amélie Nothomb

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« Au premier regard je la trouvai si jeune que je la pris pour un garçon de quinze ans. »

Bon j’ai voulu en savoir un peu plus:

Le nouvel Amélie Nothomb est une tragi-comédie pétillante comme du champagne. Et nous permet de découvrir Pétronille, un fameux numéro.

Elle ne s’en est jamais cachée, Amélie Nothomb aime le champagne. Mais dans son dernier roman, le 23e – naturellement un des événements de cette rentrée littéraire – elle nous dévoile aussi combien elle déteste boire seule…

Elle décide donc de chercher le ou la «convigne» idéale. Difficile. Jusqu’au jour où lors d’une dédicace, elle découvre qu’une de ses correspondantes assidues, Pétronille Fanto n’est pas la vieille philosophe qu’elle imaginait mais un jeune garçon manqué, spécialiste de Shakespaere et fille de banlieusards communistes! Une Pétronille qui aime surtout et beaucoup le champagne. De quoi voir se nouer, rapidement, une amitié entre les deux jeunes femmes. L’une n’ayant, côté originalité, rien à envier à l’autre!

Car, comme Amélie, Pétronille écrit. Et bientôt, ses livres connaissent un certain succès critique. Parallèlement, les deux copines connaissent de nombreux bons moments qu’Amélie partage largement avec ses lecteurs.

Ainsi, ce déplacement à Londres d’Amélie pour interviewer Vivienne Westwood et qui voit l’écrivain promener le chien de la couturière dans les rues de la capitale anglaise. Ou encore cette semaine au ski où les allergies de Pétronille transforment chaque matinée en grand nettoyage de printemps! Sans oublier un réveillon de Nouvel an chez les parents de Pétronille en compagnie de Marie-Rose, vieille recrue communiste persuadée que la Corée du Nord se porte mieux que celle du Sud et que tous les ex-Berlinois de l’Est regrettent la chute du mur…

Entre réalité et imaginaire – la fin du roman est vraiment énorme – Amélie Nothomb balade le lecteur comme elle l’entend. Le laissant croire qu’il lit un récit réel alors qu’il s’agit simplement d’une fiction courte mais bien ficelée…

Reste le portrait de Pétronille dans laquelle beaucoup reconnaissent la personnalité de l’écrivain et essayiste française Stéphanie Hochet. Un bel hommage d’Amélie Nothomb à une amie dont elle admire le talent. Et le lecteur s’amusera aussi à comparer les titres des romans de Stéphanie Hochet à ceux de Pétronille Fanto: Vinaigre de miel pour Moutarde douce; Néon pour Le néant de Léon ou encore Les coriaces pour Les infernales. Amélie Nothomb s’est manifestement amusée dans ce roman tragi-comique et un rien burlesque.

Amélie Nothomb, «Pétronille», Albin Michel, 169 p.

Source: L’avenir: Marie-Françoise GIHOUSSE

On ne voyait que le bonheur de Grégoire Delacourt

sans-titre« Une vie, et j’étais bien placé pour le savoir, vaut entre trente et quarante mille euros.
Une vie ; le col enfin à dix centimètres, le souffle court, la naissance, le sang, les larmes, la joie, la douleur, le premier bain, les premières dents, les premiers pas ; les mots nouveaux, la chute de vélo, l’appareil dentaire, la peur du tétanos, les blagues, les cousins, les vacances, les potes, les filles, les trahisons, le bien qu’on fait, l’envie de changer le monde.
Entre trente et quarante mille euros si vous vous faites écraser.
Vingt, vingt-cinq mille si vous êtes un enfant.
Un peu plus de cent mille si vous êtes dans un avion qui vous écrabouille avec deux cent vingt-sept autres vies.
Combien valurent les nôtres ? »
À force d’estimer, d’indemniser la vie des autres, un assureur va s’intéresser à la valeur de la sienne et nous emmener dans les territoires les plus intimes de notre humanité. Construit en forme de triptyque, On ne voyait que le bonheur se déroule dans le nord de la France, puis sur la côte ouest du Mexique. Le dernier tableau s’affranchit de la géographie et nous plonge dans le monde dangereux de l’adolescence, qui abrite pourtant les plus grandes promesses.

 

Peine Perdue de Adam Olivier

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L’amour sans le faire de Serge Joncour

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Fonds Perdus de Thomas Pynchon

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À l’origine, Bénédicte Ombredanne avait voulu le rencontrer pour lui dire combien son dernier livre avait changé sa vie. Une vie sur laquelle elle fit bientôt des confidences à l’écrivain, l’entraînant dans sa détresse, lui racontant une folle journée de rébellion vécue deux ans plus tôt, en réaction au harcèlement continuel de son mari. La plus belle journée de toute son existence, mais aussi le début de sa perte. Récit poignant d’une émancipation féminine, L’amour et les forêts est un texte fascinant, où la volonté d’être libre se dresse contre l’avilissement.

 

 

 

 

 

 Marina Bellezza de Silvia Avallone

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Une vallée du Piémont, dans les contreforts des Alpes, autrefois prospère. L industrie lainière qui la faisait vivre s est délocalisée au début des années 2000 et dans ces petites villes à présent désolées, les jeunes se résignent à voir la crise s éterniser. Mais Andrea et Marina, eux, ont des projets d avenir. Lui rêve de plaquer sa famille bourgeoise et ses diplômes universitaires pour élever des vaches dans la ferme d alpage de son grand-père. Elle écume les kermesses et les télécrochets dans l espoir de devenir une star. Avec son allure et sa voix de déesse, une volonté de fer et la morgue de ses vingt ans, Marina est convaincue que sa place est au centre des regards faute d avoir su retenir celui de son père… Andrea et Marina. Attraction et répulsion. Tout semble les éloigner et pourtant une passion dévorante les unit depuis l adolescence, une fièvre qu ils se promettent à chaque fois d éteindre… Mais est-il raisonnable d être sage quand « [leur] génération [est] exclue de tout, née au mauvais moment au mauvais endroit. Alors autant se retirer sur la frontière. Rebrousser chemin, désobéir. »
Dans ce deuxième roman, Silvia Avallone se montre une fois encore incroyablement douée pour décrire les failles de notre société, les doutes de sa jeunesse et le mouvement qui la pousse à se réapproprier sa terre et ses origines.

 

Un monde flamboyant de Siri Hustvedt

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Après sa disparition, une artiste plasticienne, Harriet Burden (dite “Harry”), méconnue de son vivant, fait l’objet d’une “enquête” menée par un professeur d’esthétique auprès de tous ceux qui, de près ou de loin, l’ont côtoyée de son vivant. Cet envoûtant thriller intellectuel qui a pour théâtre les milieux de l’art redistribue avec brio les thèmes chers à Siri Hustvedt dans son œuvre de fiction comme dans ses essais, et constitue une inoubliable plongée dans les arcanes de la création comme de l’âme humaine, explorées ici par une romancière sans conteste au sommet de son art.

 

Price de Steve Tesich

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Publié en 1982 aux États-Unis, fruit d’une dizaine d’années de travail, Price est l’autre grand roman que l’auteur de Karoo, Steve Tesich, portait en lui «depuis toujours». Daniel Price, dix-huit ans, a les traits de son père, la belle stature de sa mère, et une âme qui ne sait plus à quel saint se vouer. Tout commence par un combat perdu d’avance, occasion ratée de se tirer d’East Chicago, ville industrielle et prolétaire, où l’avenir se résume à passer sa vie à l’usine. Flanqué d’amis à peu près aussi paumés que lui Larry, le teigneux, et Billy, la bonne pâte , Daniel va, au cours de son dernier été d’adolescent, tandis que son père agonise, être emporté par la force dévastatrice d’un premier amour, quand chaque mot et chaque geste prennent des proportions démesurées. Histoire orageuse, parcourue d’égarements, de trahisons et de colère, Price raconte l’odyssée intime d’un garçon projeté brutalement dans la vie adulte, où vérité et mensonge, raison et folie finissent par se confondre. Premier roman maîtrisé et fondateur, Price, par ses tensions et ses renoncements, vibre d’une incroyable puissance dramatique et décrit avec honnêteté la lutte intérieure d’un jeune homme pour assumer sa liberté par-delà le désespoir.

 

Il est de retour de Timur VERMES

sans-titreA Berlin, en 2011. Soixante-six ans après sa disparition, Hitler se réveille dans un terrain vague de Berlin. Et il n’est pas content : quoi, plus personne ne fait le salut nazi ? L’Allemagne ne rayonne plus sur l’Europe ? Tous ces Turcs qui ont pignon sur rue sont venus de leur plein gré ? Et, surtout, c’est une FEMME qui dirige le pays ? Il est temps d’agir. Le Führer est de retour et va remettre le pays dans le droit chemin. Et pour ça, il lui faut une tribune. Ca tombe bien, une équipe de télé, par l’odeur du bon filon alléchée, est toute prête à la lui fournir. La machine médiatique s’emballe et bientôt, le pays ne parle plus que de ça. Pensez-vous, cet homme ne dit pas que des âneries ! En voilà un au moins qui ne mâche pas ses mots. Et ça fait du bien, en ces temps de crise… Hitler est ravi qui n’en demandait pas tant. Il le sent, le pays est prêt. Reste pour lui à porter l’estocade qui lui permettra d’accomplir enfin ce qu’il n’avait pu achever…

 

 

 

 L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage de Haruki Murakami

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Au Japon, à Nagoya et à Tokyo, de nos jours et seize ans plus tôt. Depuis le mois de juillet de sa deuxième année d’université jusqu’au mois de janvier de l’année suivante, Tsukuru Tazaki vécut en pensant presque exclusivement à la mort. A Nagoya, Tsukuru Tazaki avait quatre amis. Le premier s’appelait Akamatsu, on le surnommait Mr Red ; le deuxième était Ômi, Mr Blue ; la troisième, Shirane, était Miss White et la dernière, Kurono, Miss Black. Tsukuru Tazaki, lui, était sans couleur. Tsukuru est parti à Tokyo ; les autres sont restés. Et un jour, ils l’ont appelé et lui ont dit qu’ils ne voulaient plus jamais le voir ni lui parler. Sans explications. Lui-même n’en a pas cherché. Pendant un temps, Tsukuru Tazaki a vécu comme Jonas dans le ventre de la baleine, comme un mort qui n’aurait pas encore compris qu’il est mort. Tsukuru est devenu architecte, ingénieur, designer ; il construit des gares. Aujourd’hui, Tsukuru Tazaki a rencontré Sara. Elle veut comprendre ce cercle d’amis, elle pense que Tsukuru ne sera jamais tranquille tant qu’il ne saura pas pourquoi il a été chassé. Alors, Tsukuru va partir en pèlerinage, à Nagoya d’abord, où vivent encore deux membres du groupe, et jusqu’en Finlande, où habite Kuro, Miss Black. Un pèlerinage avec la vérité au bout du chemin.

 

Jusqu’ici et pas au-delà de Joachim Meyerhoff

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Mon premier mort fut un retraité.
Bien avant de voir l’accident, la maladie, l’âge faire disparaître les proches que j’aimais, bien avant de devoir accepter le fait que le frère, le père encore si jeune, les grands-parents et même le chien des années d’enfance ne fussent pas immortels, et bien avant de me retrouver à entretenir un dialogue compulsif – enjoué, désespéré – avec mes défunts, je découvris un matin un retraité mort.

Une semaine plus tôt, j’avais eu sept ans, un anniversaire que j’avais attendu fiévreusement car il me donnait enfin le droit d’aller seul à l’école. Du jour au lendemain, j’eus ainsi la permission de faire halte et de repartir à ma guise. La propriété dans laquelle était installé l’établissement psychiatrique où j’avais grandi ainsi que les jardins, maisons, rues et buissons qui s’étendaient au-delà de ses murs en étaient comme métamorphosés, et je découvrais des choses que je n’avais jamais remarquées lorsque j’étais en compagnie de ma mère ou de mes frères. Je faisais des pas un peu plus grands et je me sentais incroyablement adulte. Comme j’étais désormais un individu autonome, les choses autour de moi s’individualisaient elles aussi. Confrontations d’égal à égal : le carrefour et moi. Le kiosque et moi. L’enceinte de la casse automobile et moi.
J’étais surpris du nombre de décisions que j’avais soudain à prendre. Quand je marchais en tenant la main de ma mère, j’avais tendance à rêvasser ou à lui parler et je me laissais conduire à l’école sans prêter attention au chemin, comme une lettre qu’on porte à la boîte.
La première semaine, je fus sage. J’avais juré solennellement de ne pas m’écarter du chemin convenu – celui auquel ma mère m’avait initié à grand renfort de «regarder à gauche, et puis à droite, et puis encore à gauche». Mais, le lundi suivant, je voulus faire un petit détour par le lotissement de jardins ouvriers. J’ouvris une porte verte grillagée et m’engageai sur un sentier qui longeait des propriétés miniatures, des arbustes et des carrés de légumes. Je n’étais pas très à mon aise, car mon père m’avait expressément interdit cet endroit. «Il y a souvent des types peu recommandables qui se cachent dans ce genre de cabanons, m’avait-il averti. Évite d’y aller, d’accord ?» – «Oui, papa, d’accord.»
Je cueillis une pomme encore verte, mordis dedans, crachai habilement ma bouchée acide entre deux lattes de clôture et lançai le fruit le plus loin possible par-dessus les toits. Je tendis l’oreille, mais rien ne vint rompre le silence, à croire que j’avais expédié la pomme tout droit en apesanteur. Je crachai une ou deux fois, puis me remis en route. Je n’avais pas pensé que le lotissement serait aussi vaste et labyrinthique. À chaque embranchement, je prenais à droite, espérant rejoindre une porte que je connaissais bien et qui n’était qu’à une centaine de mètres de mon école.

 

Et voilà ma liste de septembre, que du sérieux cette fois………. Je reconnais….

Bonnes lectures à tous et toutes et à bientôt 🙂

I.G.

 

 

 

 

 

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“La lecture n’est pas une activité innocente. On n’en ressort pas toujours indemne.” Katherine Pancol

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