La brûlure du chocolat

La brûlure du chocolat de Barbara ABEL

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Zoé Letellier est une jeune écrivaine dont le succès dépasse les frontières. Tout le monde se retourne sur elle dans la rue, lit sa vie dans les magazines, bref tout le monde la connaît sauf… elle ! Car depuis qu’elle a perdu la mémoire après un mystérieux choc émotionnel, elle est non seulement incapable de savoir qui elle est, comment elle s’appelle, où elle habite, mais aussi d’envoyer son très attendu nouveau manuscrit à son éditrice ou, accessoirement, d’éprouver le moindre sentiment pour le garçon qu’elle doit épouser… à la fin de la semaine !
Aidée de ses proches, notre héroïne s’attelle à la quête de toute une vie : apprendre en quelques jours qui elle est, ce qu’elle veut vraiment, et ce qu’elle aimerait changer de l’ancienne Zoé. Seulement voilà, entre ce que lui disent les uns et ce que lui taisent les autres, pas facile de s’y retrouver. D’ailleurs, ont-ils réellement tous intérêt à ce qu’elle recouvre la mémoire ?

Une jolie leçon de vie à suivre à une époque où tellement de gens cherchent à faire le point. Et si la meilleure solution était de devenir amnésique ?

Biographie de l’auteur:

Née en 1969, Barbara Abel est férue de théâtre et de littérature. Après avoir été élève à l’école du Passage à Paris, elle exerce quelque temps le métier de comédienne et joue dans des spectacles de rue. À 23 ans, elle écrit sa première pièce de théâtreL’esquimau qui jardinait. En 2002, son premier roman L’Instinct maternel, lui vaut de recevoir le Prix Cognac avant d’être sélectionnée par le jury du Prix du Roman d’Aventure pour Un bel âge pour mourir, tout récemment adapté à la télévision avec Emilie Dequenne et Marie-France Pisier dans les rôles principaux. S’ensuivent Duelle en 2005, La mort en écho en 2006 et Illustre Inconnu en 2007. Aujourd’hui, ses romans sont traduits en Allemand, en Espagnol et en Russe.

Ma critique perso:

L’apéro, c’est le moment où on fait connaissance. On s’installe sur son quant-à-soi, le verre à la main pour garnir, les canapés sur la table pour meubler, on parle parfois de tout, souvent de rien, on s’informe, on s’intéresse.

Un livre très divertissant, on est tout de suite dans l’histoire, on a envie d’en savoir plus à chaque page, malgré le sérieux du sujet, on a souvent le sourire aux lèvres.

– Avais-tu déjà remarqué qu’un seul S différencie le terme embraser du mot embrasser?
– C’est parce qu’une bouche qui s’embrase demande juste à être embrassée, me répond-il en riant. C’est ce qu’on appelle « la brûlure du chocolat ».
Il m’embrasse avec passion et je m’embrase de ce baiser au goût de chocolat. Puis, quand nos bouches se séparent, il poursuit :
– Chaque fois que tu mangeras un bout de chocolat, ce sera comme un baiser que je t’enverrai.

Les personnages sont vivants, les dialogues bien établis, rempli de métaphores, de rebondissements.

Ca se lit vite.

Une relation avec quelqu’un, c’est comme un échange, il faut être deux pour le nourrir. C’est un dialogue. Si l’un des deux se tait, ça devient un monologue.

Extrait:

Jusqu’à présent, le passé n’a tenu dans l’esprit de Zoé qu’une place relativement secondaire. Non pas qu’elle rechigne à raconter quelques passages croustillants de sa jeune existence à ses copines au cours d’une soirée pizza, ni même qu’elle refuse d’analyser les anecdotes significatives de son enfance lorsqu’elle s’allonge sur l’austère divan d’une inutile thérapie… Zoé a déjà remarqué qu’il suffît de vouloir oublier quelque chose pour s’en souvenir avec une étonnante acuité. A l’inverse, plus on tente de se rappeler, plus on oublie. Si quelqu’un l’avait interrogée à ce sujet, elle aurait pu comparer la mémoire à une sorte de petite boîte au verrou récalcitrant qui ne s’ouvre jamais au bon moment. Ses souvenirs, bons ou mauvais, avaient toujours joué leur rôle d’archivistes, escortant avec une certaine indolence le fil de son existence. En gros, ils s’autogéraient parfaitement, se classaient, s’éveillaient ou s’estompaient sans qu’elle ait à ordonner le ballet des réminiscences ordinaires ou despotiques.
Qu’ils soient d’enfance, de vacances ou d’adolescence, vagues ou précis, agréables ou pénibles, récents ou lointains, gardés, perdus ou même chéris, Zoé n’a jamais considéré ses souvenirs comme un trésor intime qu’elle peut caresser à sa guise d’un regard tendre chaque fois que le présent lui semble fade ou l’avenir sombre. A tout le moins, une phrase lue dans un magazine littéraire un mardi soir sur le quai du métro avait retenu son attention, qui disait en substance que Dieu nous a donné une mémoire pour que nous puissions avoir des roses en décembre. A première vue, l’idée lui parut sympathique mais en y réfléchissant d’un peu plus près, elle considéra la chose comme parfaitement superflue puisqu’en général, en décembre, on préfère les sapins aux roses.
Cette propension à reléguer le passé au rang des priorités secondaires la rendait peu rancunière. Elle n’était pas du genre à ruminer ses griefs durant de longues semaines pour les resservir en cubes sur le plateau glacé de la vengeance. Dans le même ordre d’idées, la nostalgie ne faisait pas partie de son tempérament. Elle était de celles qui allaient de l’avant, sans regarder en arrière, sans regret ni faux-fuyant.
C’était simple : Zoé accordait peu d’importance à ce qui n’était plus.

Voilà, encore un très chouette moment de lecture, je vous le recommande vraiment 🙂

A bientôt sur LireQuoiPourquoiComment

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