Lire Quoi Pourquoi Comment

“La lecture n’est pas une activité innocente. On n’en ressort pas toujours indemne.” Katherine Pancol

Mois : janvier 2015

L’avocat, le nain et la princesse masquée

sans-titreHugues Tonnon est un avocat réputé du barreau de Bruxelles, estimé de tous et quelque peu coincé. Sa spécialité : les divorces, les séparations douloureuses et les couples qui se défont. C’est à ce vieux garçon maniéré que s’adresse tout naturellement Nolwenn Blackwell, l’envoûtant top model belge qui a jeté son dévolu sur Amaury Lapierre, un capitaine d’entreprise de trente ans son aîné qui lui arrive au menton. Alors qu’un fastueux mariage se profilait, le riche héritier a été paparazzé dans les bras d’une strip-teaseuse au bord de la piscine d’une villa tropézienne. Bafouée, l’ex-future princesse de presse people veut obtenir réparation. Hugues Tonnon flaire la belle affaire. Le soir même, il dîne en sa compagnie et la raccompagne chez elle pour terminer la soirée.
Au petit matin, il se réveille chez lui, victime d’un trou noir éthylique, la police à sa porte : Nolwenn Blackwell a été assassinée. Il est le dernier à l’avoir vue vivante, mais il ne se souvient de rien. Un malheur n’arrivant jamais seul, le policier chargé de l’enquête n’est autre que l’inspecteur Witmeur que l’avocat a ruiné lors de son divorce pour une histoire de faux seins.
Flanqué d’une journaliste un peu psycho et pas trop rigide, Hugues Tonnon va devoir prendre la fuite, ravaler son cynisme et mener l’enquête. Matchs de football truqués, mœurs dissolues de la jet-set, investigations policières dernier cri : Paul Colize, connu pour ses intrigues millimétrées dont les rouages s’imbriquent en autant de fausses pistes et de surprises, nous entraîne dans une folle poursuite de Bruxelles au quartier d’affaires de Johannesburg, de berlines luxueuses en taxis miteux, du Rick’s Café de Casablanca à Paris en passant par la frontière algérienne à dos de mulet.

Biographie de l’auteur:

Paul Colize est né en 1953, il est marié et est le père de trois enfants.
Grand passionné de romans policiers depuis son plus jeune âge, ses romans se caractérisent par une documentation fouillée, une intrigue sophistiquée et un grand sens de l’humour.
En dehors de l’écriture, il exerce également la profession de consultant en management et consacre son temps libre au piano et au badmington.

Ma critique perso:

C’est la première fois que je lis du Paul Colize et j ai été agréablement surprise.

Et c’est du belge, du polar mais je le qualifierai plutôt de comédie policière et je l’ai lu d’une traite.

Le mariage est la principale cause de divorce.

Sans mariage, le divorce n’existerait pas, j’aurais fait autre chose de ma vie et je n’en serais pas arrivé là.

Le ton est donné 🙂

– En plus, sur le plan de ce que vous savez, c’était loin d’être Casanova.
– Vous m’en voyez navré.
– Ça vous choque que je dise ça ?
– Aucunement, mais l’argument est inutilisable légalement.
– Les lois sont mal faites, on punit le harcèlement sexuel, mais on tolère l’incompétence.

Il y a tout dans ce bouquin, l’intrigue, l’humour, il est parfait, un pur moment de plaisir sans prise de tête.

– Morte ?
– Morte.
– Elle a fait un malaise ?
– Deux balles dans la tête.
– Elle s’est suicidée ?

Les personnages sont excellents, vivants, et même celui qui nous paraît assez glaude au début nous devient sympathique.

Un divorce doit être appréhendé comme un business. C’est une affaire comme une autre. Du commerce. Du marchandage. Aucune négociation ne se gagne dans l’émotion.

Mais toute ressemblance avec des personnes existantes serait fortuite… enfin  a vous de voir 😉


Bonne lecture et n’oubliez pas la lecture est encore plus enrichissante quand elle permet les échanges.

I.G.

Janvier 2015

janvier debutJe vous souhaite une bonne année 2015 remplie de belles lectures…

Et pour débuter l’année, une… non… deux… relecture…

sans-titreBienvenue au Centre d’Incubation et de Conditionnement de Londres-Central. À gauche, les couveuses où l’homme moderne, artificiellement fécondé, attend de rejoindre une société parfaite. À droite : la salle de conditionnement où chaque enfant subit les stimuli qui plus tard feront son bonheur. Tel fœtus sera Alpha – l’élite – tel autre Epsilon – caste inférieure. Miracle technologique : ici commence un monde parfait, biologiquement programmé pour la stabilité éternelle… La visite est à peine terminée que déjà certains ricanent. Se pourrait-il qu’avant l’avènement de l’État Mondial, l’être humain ait été issu d’un père et d’une mère ? Incroyable, dégoûtant… mais vrai. Dans une réserve du Nouveau Mexique, un homme Sauvage a échappé au programme. Bientôt, il devra choisir : intégrer cette nouvelle condition humaine ou persister dans sa démence…=>Le Meilleur des mondes

voltaire

Convaincu de l’innocence de Calas exécuté en 1762, Voltaire met sa plume au service de la justice pour demander sa réhabilitation.
Le négociant huguenot était accusé du meurtre de son fils qui voulait se convertir au catholicisme. Avec une ironie mordante et un style inimitable, l’écrivain plaide pour le respect des croyances et l’esprit de tolérance. Une réflexion très actuelle sur le système judiciaire, la responsabilité des juges et les effets pervers des lois.

 

Et après un peu plus fun…

Avant j’avais une vie, maintenant j’ai des enfants de Candice Anzel

sans-titreFemmes enceintes, futurs papas, jeunes parents débordés, parents d’ado ou grands-parents gagas ? Ce livre est fait pour vous – enfin, si vous avez de l’humour et de l’autodérision… car dans cette fresque familiale, tout le monde a le droit à son coup de pinceau ! Des interviews loufoques aux questions (presque) existentielles de parents, en passant par des lettres ouvertes de trentenaires ou encore le classement des arnaques de mômes, voici une balade de chroniques décalées en billets décapants. Un panorama de la vie de famille surprenant, réjouissant et toujours attendrissant… Vous vous y reconnaîtrez forcément !

La Bibliothèque des coeurs cabossés

de Katarina Bivald

sans-titreTout commence par les lettres que s’envoient deux femmes très différentes : Sara Lindqvist, vingt-huit ans, petit rat de bibliothèque mal dans sa peau, vivant à Haninge en Suède, et Amy Harris, soixante-cinq ans, vieille dame cultivée et solitaire, de Broken Wheel, dans l’Iowa. Après deux ans d’échanges et de conseils à la fois sur la littérature et sur la vie, Sara décide de rendre visite à Amy. Mais, quand elle arrive là-bas, elle apprend avec stupeur qu’Amy est morte. Elle se retrouve seule et perdue dans cette étrange petite ville américaine. Pour la première fois de sa vie, Sara se fait de vrais amis – et pas uniquement les personnages de ses romans préférés -, qui l’aident à monter une librairie avec tous les livres qu’Amy affectionnait tant. Ce sera pour Sara, et pour les habitants attachants et loufoques de Broken Wheel, une véritable renaissance. Et lorsque son visa de trois mois expire, ses nouveaux amis ont une idée géniale et complètement folle pour la faire rester à Broken Wheel.

Et pour poursuivre…..

La Vérité sur Frankie  de  Tina Uebel

sans-titre« Je ne sais pas ce que vous voulez m’entendre dire. Que c’est un salaud ? Évidemment que c’est un salaud, un monstre, un fumier. Il m’a volé ma jeunesse, il a détruit ma vie, notre vie. » Christoph, Judith et Emma sont étudiants. La vie s’offre à eux, pleine de promesses… jusqu’à ce que leur route croise celle du charismatique Frankie. Ensemble, ils passent un été de rêve. Une nuit, Frankie confi e à Christoph qu’il appartient aux services de l’anti-terrorisme. Il a besoin de son aide. Crédule, Christoph accepte une première mission. L’engrenage est en place. C’est bientôt au tour de Judith et d’Emma de se laisser convaincre et de s’imaginer traquées. Disparaître et s’en remettre aveuglément à Frankie devient la seule solution. Commencent alors dix années de cavale, d’enfermement mais aussi de sévices physiques et psychologiques.
Inspiré par un fait divers réel, La Vérité sur Frankie est une réflexion sur la perte des repères et de toute objectivité des individus sous influence.

 Extra pure. Voyage dans l’économie de la cocaïne

de Roberto Saviano

sans-titre«Se plonger dans les histoires de drogue est l’unique point de vue qui m’ait permis de comprendre vraiment les choses. Observer les faiblesses humaines, la physiologie du pouvoir, la fragilité des relations, l’inconsistance des liens, la force colossale de l’argent et de la férocité. L’impuissance absolue de tous les enseignements mettant en valeur la beauté et la justice, ceux dont je me suis nourri. Je me suis aperçu que la coke était l’axe autour duquel tout tournait. La blessure avait un seul nom. Cocaïne. La carte du monde était certes dessinée par le pétrole, le noir, celui dont nous sommes habitués à parler, mais aussi par le pétrole blanc, comme l’appellent les parrains nigérians. La carte du monde est tracée par le carburant, celui des murs et des corps. Le pétrole est le carburant des moteurs, la coke celui des corps.»

Après Gomorra, Roberto Saviano poursuit son travail d’enquête et de réflexion sur le crime organisé. Mais, cette fois, il sort du cadre italien pour penser à l’échelle mondiale. D’où le crime tire-t-il sa force? Comment l’économie mondiale a-t-elle surmonté la crise financière de 2008? Une seule et même réponse : grâce à l’argent de la cocaïne, le pétrole blanc. Pour le comprendre, Extra pure nous convie à un voyage du Mexique à la Russie, de la Colombie au Nigeria, en passant par les États-Unis, l’Espagne, la France et, bien sûr, l’Italie de la ‘ndrangheta calabraise. Au fil de cette exploration, l’auteur raconte avec une puissance épique inégalée ce que sont les clans criminels partout dans le monde. Et il va plus loin encore, car c’est tout le fonctionnement de l’économie qu’il démonte impitoyablement.
Extra pure n’est ni une enquête ni un essai, ni un roman ni un récit autobiographique, mais tout cela à la fois et bien plus encore. Pour Roberto Saviano, c’est aussi l’occasion de s’ouvrir, de se confier, d’évoquer avec gravité et sincérité le danger et la solitude, le désir de mener une vie comme celle des autres et la détermination à poursuivre son combat.

Hérétiques

de Leonardo Padura

sans-titreEn 1939, le S.S. Saint-Louis, transportant quelque 900 Juifs qui avaient réussi à fuir l’’Allemagne, resta plusieurs jours ancré au large du port de La Havane à attendre l’’autorisation de débarquer ses passagers. Le jeune Daniel Kaminsky et son oncle avaient attendu sur le quai l’’arrivée de leur famille, sûrs que le trésor qu’’ils transportaient convaincrait les fonctionnaires chargés de les contrôler. Il s’’agissait d’’une petite toile de Rembrandt qui se transmettait dans la famille depuis le XIIIe siècle. Mais le plan échoua et le navire remporta vers l’’Allemagne tout espoir de retrouvailles.
Des années plus tard, en 2007, le tableau est mis aux enchères à Londres et le fils de Daniel Kaminsky se rend à Cuba pour savoir ce qui s’’y était passé concernant sa famille et le tableau. Il réussit à convaincre le détective Mario Conde de l’aider. Celui-ci, reconverti dans le commerce des livres anciens, découvre que cette toile représentant le visage du Christ était le portrait d’’un jeune homme juif travaillant dans l’’atelier de Rembrandt et y ayant étudié la peinture, contre toutes les lois des religieux.
Leonardo Padura fait ici un panorama de l’’exercice de la liberté individuelle, du libre arbitre à travers diverses époques depuis Rembrandt dans l’’Amsterdam du XVIIe siècle décidant de représenter des individus et non des idées, puis le jeune Juif qui ose désobéir au Consistoire et apprend à peindre, et décide ensuite de suivre un nouveau Messie, jusqu’à l’éclosion des tribus urbaines de La Havane où une jeune émo paye de sa vie l’’exercice de sa liberté dans une société figée. Leonardo Padura écrit un livre magnifique et profond et se sert de son habileté d’’auteur de roman noir pour nous amener, sous la houlette de son héros Mario Conde, à réfléchir sur ce que signifie notre libre arbitre.

Bonnes lectures et surtout n’hésitez pas à laisser vos impressions, vos commentaires et vos coups de cœur.

janvier fin

[Top]

Chercher auteur désepérément

cherche auteur

Angel Robinson a l’impression de vivre un rêve. Elle qui ne jure que par les livres vient de décrocher un poste d’assistante dans la plus célèbre agence littéraire des Etats-Unis. Mais elle découvre rapidement qu’il faut composer avec une patronne hystérique, des collègues lunatiques et des auteurs capricieux. Elle réussit pourtant, grâce à son sens littéraire hors pair, à se rendre indispensable et repère plusieurs projets intéressants. Un en particulier : le roman d’un auteur anonyme, livré chapitre par chapitre. Angel tombe sous le charme au gré des envois du mystérieux écrivain. Jusqu’au jour où elle comprend que le texte s’inspire de sa propre vie…

 

Biographie de l’auteur:

Debra Ginsberg est diplômée de Reed College, elle a contribué à NPR’s All Things Considered, et travaille comme rédacteur pigiste. Elle vit en Californie du Sud.

Ma critique perso:

Bien entendu la première chose pour laquelle j ai choisi de lire ce livre c’est le titre.

Trouvé à la bibliothèque et je conseille plutôt l’emprunt que l’achat, mais aucun regret dans cette lecture, qui selon moi est dans le même acabit que « Diable s’habille en Prada »mais en mode « édition ».

Voilà qui nous donnent une idée de ce monde et du travail des éditeurs.

La découverte d’un texte n’est qu’un des aspects de l’excitation déclenchée par un livre. Le poids d’un nouvel ouvrage dans ma main provoque en moi un plaisir étourdissant, l’odeur et le bruissement du papier un délice sensuel. J’adore le velouté et les couleurs éclatantes des jaquettes. Pour moi, une pile de livres à explorer constitue l’une des promesses les plus sexy qui soient. Car ce que j’aime par-dessus tout, c’est la certitude que la joie d’une nouvelle trouvaille m’attend sous chaque couverture.

On s’attache assez rapidement aux personnages, quoique la vie amoureuse d’Angel me laisse de marbre, soit,  le style est fluide, on a envie de connaître la fin, bref ce roman est réussi.

Vraiment un excellent bouquin pour se changer les idées, sans prise de tête.

Lisez le et vous passerez un bon moment dans le monde de l’édition selon Angel 🙂

A bientôt et…

Bonne lecture et n’oubliez pas la lecture est encore plus enrichissante quand elle permet les échanges.

I.G.

 

[Top]

Oubliez les tablettes, lisez un livre!

Les chercheurs du Brigham and Women’s Hospital de Boston ont comparé les effets biologiques des deux styles de lecture avant de se coucher, dans une étude dont les résultats sont publiés dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences.

Pendant deux semaines, 12 participants ont lu pendant quatre heures avant de se coucher, sur des périodes de cinq jours consécutifs, des livres électroniques sur tablette et des livres imprimés. «Ceux qui lisaient un livre électronique mettaient plus de temps à s’endormir, avaient moins sommeil le soir et leur sécrétion de mélatonine (qui conduit au sommeil) était réduite», indique dans un communiqué Anne-Marie Chang, auteure de l’étude et chercheuse en science du sommeil de l’hôpital de Boston. Egalement, «leur horloge circadienne (horloge biologique interne, ndlr) était repoussée à plus tard et ils étaient moins alertes le lendemain matin que ceux ayant lu un livre imprimé», ajoute-t-elle.

Les «rythmes circadiens naturels du corps sont interrompus par la lumière à ondes courtes, connue sous le nom de lumière bleue, qui vient de ces outils électroniques», dit-elle. Les chercheurs ont remarqué que les lecteurs sur tablette s’endormaient une heure plus tard que les autres et étaient moins alertes le lendemain matin, même après huit heures de sommeil.

Des recherches précédentes avaient montré l’effet de la lumière bleue sur la sécrétion de mélatonine mais n’avaient pas étudié ses effets sur le sommeil lui-même, indiquent les chercheurs. Ils s’inquiètent que l’utilisation de ces outils, notamment chez les enfants et les adolescents, «joue un rôle en perpétuant le manque de sommeil», une tendance qui s’aggrave depuis un demi-siècle, disent-ils en appelant à des recherches sur les conséquences à long terme en matière de santé. Les conclusions de cette étude concernent également certaines liseuses, les ordinateurs portables et certains modèles de télévision.

Source: Sudpresse http://www.sudinfo.be/sites/default/files/mediastore/1420715329_jdp_1.pdf

Voilà de quoi relancer le débat sur les écrans,….

http://www.lirequoipourquoicomment.com/tv-lobotomie/

A bientôt sur Lire Quoi Pourquoi Comment

 

[Top]

Livre papier vs livre numérique : lequel est le plus écolo ?

Même si la lecture sur support numérique reste marginale en France, elle grignote peu à peu des parts de marché. Outre le côté pratique du livre dématérialisé, les pro e-books avancent souvent l’argument d’une consommation du livre plus verte. Qu’en est-il réellement ? Le livre électronique est-il plus écolo que son homologue en papier ?

Livre papier vs livre numérique : lequel est le plus écolo ?

Le livre numérique fait une entrée sur la pointe des pieds en France. Il ne représente aujourd’hui que 0,5% des ventes de livres dans l’Hexagone. Mais le développement des liseuses et l’arrivée du fameux Kindle en octobre dernier chez Amazon changent peu à peu les habitudes de lecture. Dans l’esprit de la dématérialisation des objets comme cela a été le cas avec le MP3 rendant nos vieux CD tout poussiéreux, le livre numérique avance un argument de poids en faveur de l’écologie : plus de papier donc plus de déforestation.

Mais est-ce aussi simple que cela ? Le livre numérique est-il vraiment plus écolo que son vieil ancêtre en papier ?

Le marché du livre numérique dans le monde

Outre-atlantique, le livre numérique a déjà fait ses preuves. Sur le marché du livre, l’e-book aux Etats-Unis est passé de 0,6% des parts de marché en 2008 à 6,8% aujourd’hui.
Les romans version électronique en sont les grands gagnants : ils représentent 13,6% des revenus nets alors que la version papier a chuté de 25,7% en 2010.
Le n°1 du marché de l’e-book aux Etats-Unis est Amazon, qui capte 70% des utilisateurs avec son Kindle Store. La librairie virtuelle propose 950.000 titres.

 

Les Britanniques sont les autres « e-lecteurs » dans le monde, avec une part de marché proche de celle des Etats-Unis, 6%. Ceci s’explique certainement par la large mise à disposition de titres en anglais.

En France, même si le taux de lecture de livres numériques progresse tout doucement : 8 % des Français ont déjà lu un livre numérique en 2011 (contre 5 % en septembre 2009 – source SNE), la consommation d’e-book reste marginale. De plus, les Français paraissent peu enclins à payer pour un livre dématérialisé. Le baromètre GFK indiquait dernièrement que 77% des téléchargements d’e-books concernaient les gratuits.

Le livre numérique est-il vraiment écolo ?

Si on s’attache au fait qu’un e-book ne nécessite ni bois, ni transport, on peut s’attendre à ce que son empreinte écologique soit bien inférieure à celle de son homologue en papier. A l’inverse, en terme de production, on s’accorde à penser que la fabrication d’une liseuse numérique comme un Kindle par exemple coûte bien plus cher à l’environnement que l’impression d’un seul livre papier.

Pourtant, parce que l’on achète qu’une seule fois une liseuse numérique pour y stocker quantité de livres électroniques (environ 200 selon les modèles), et que l’on achète plusieurs unités de livres en papier par an (16 livres par an et par Français environ), la balance devrait pencher du côté de la version numérique.

Alors concrètement, combien coûtent les livres papiers et les livres numériques en termes d’écologie ?

L’empreinte carbone des livres

Lorsque l’on prend en considération toute la chaîne de production d’un livre papier jusqu’à son transport, on considère qu’il coûte 7,5 kg en équivalent carbone, selon le cabinet de consultants Cleantech.

En outre, pour ce qui est de la version papier du livre, le transport est l’une des étapes impactant le plus l’environnement. Il intervient tout au long de la conception de l’ouvrage, pour acheminer les matières premières, puis du papetier à l’imprimeur, et de l’imprimeur aux plateformes logistiques pour assurer la distribution.

Toujours selon Cleantech, un Ipad d’Apple équivaut à 130 kg d’équivalent carbone pendant tout son cycle de vie ; un Kindle équivaut à 168 kg.

  • Ainsi, pour avoir une empreinte carbone équivalente, il vous faudra lire au moins 18 livres sur votre Ipad et au moins 23 livres sur votre Kindle. Les lecteurs friands de livres numériques en achetant environ 3 par mois, à cette allure, le quota est vite atteint (6 mois en moyenne)

Mais à ce sujet, les avis divergent. Pendant que les uns estiment que l’empreinte écologique du livre numérique est, à la longue, moins importante, d’autres comme le cabinet Carbone 4 avancent d’autres chiffres.

  • Selon le cabinet, un ouvrage papier engendrerait la production d’1 seul kg d’équivalent CO2 (et pas 7,5) quand le support numérique en engendrerait 250. Un français lisant en moyenne 16 livres version papier par an, il lui faudrait donc près de 15 ans pour compenser le bilan carbone de sa liseuse numérique.

Alors, 15 ans ou 6 mois ? Difficile de se prononcer, les données chiffrées n’étant pas du tout les mêmes.

La consommation d’eau

L’eau est également une source importante intervenant dans la production d’un livre. Alors qu’il faut 27 litres d’eau pour produire un livre papier, il en faut moins de 500 ml pour fabriquer un e-book. Par contre, 300 litres d’eau sont nécessaires à la fabrication d’une liseuse.

  • A partir d’une douzaine d’e-books, on peut commencer à économiser de l’eau

Les matières premières

Bien que le livre puisse être accusé de déforestation, il faut tout de même noter que la ressource papier est de mieux en mieux gérée.
Mais selon l’Ademe, l’industrie de l’édition engloutit tout de même à elle seule 20 millions d’arbres et 1 page sur 5 provient encore d’une forêt ancienne.

D’après l‘Analyse du Cycle de Vie du livre, menée par la maison d’édition Terre Vivante, plus de 70 % des impacts du livre sur l’environnement sont dus à la fabrication du papier et de la pâte à papier.
Mais heureusement, les éditeurs français conscients des catastrophes liées à la déforestation utilisent de plus en plus de fibres de bois issu de forêts gérées (PEFC et FSC)

Avec le livre en papier recyclé, ce sont 40% d’eau et d’énergie qui sont économisés. 1 tonne de papier recyclé = 17 arbres épargnés.

Une feuille de papier peut être recyclée 5 fois mais d’après Terre Vivante, ce n’est pas pour autant que l’usage de papier recyclé n’est pas sans impact sur l’environnement. Ainsi, le recyclage d’un livre nécessite collecte et tri des déchets, brassage des papiers usagés, désencrage etc.

Toutefois, le livre recyclé reste celui qui présente l’empreinte la moins lourde pour l’environnement, car « l’utilisation de papier recyclé permet de moins consommer de bois et de préserver les forêts. Sa fabrication est aussi plus économe en eau et en énergie », selon les conclusions de la maison d’édition.

Quant à son homologue dématérialisé, c’est le poste « matières premières » qui constitue le talon d’Achille du livre numérique : le plastique nécessaire à la fabrication de liseuses n’est pas recyclé, des matériaux chimiques très nocifs sont employés et elles sont équipées de batteries au lithium, véritable poison pour l’environnement.

Selon Sylvain Angerand, de l’association des Amis de la Terre, « Les produits technologiques nécessitent l’extraction de minerais précieux comme le coltan, le lithium ou les terres rares pour accroître la durée de vie des batteries, augmenter leur rapidité ou pousser la miniaturisation à l’extrême. Or l’exploitation minière est une cause majeure de déforestation, et plus généralement de destruction des écosystèmes. »

Le New York Times dans son article « How Green is My Ipad » avance que 15 kg de minerais sont nécessaires à la production d’une liseuse numérique contre 300 grammes pour un livre papier (si l’on prend en considération le gravier nécessaire à la construction de routes pour l’acheminement du livre pendant toutes ses étapes de fabrication)

Les produits chimiques

De nombreux produits chimiques entrent dans le processus de fabrication d’un livre papier : colles, agents de résistance, colorants, azurants optiques, antimousses… Et c’est sans parler du blanchiment du papier pour lequel l’utilisation de chlore, extrêmement polluant est nécessaire.

Autre élément des plus polluants dans la conception d’un ouvrage papier, l’encre. Cependant, des avancées technologiques permettent d’imprimer les livres avec des encres végétales, élaborées à partir de colza ou de soja. Par contre, seule la bonne foi de l’éditeur permet de s’assurer que ces encres végétales ne sont pas élaborées à partir d’huile de palme, ni ne  contiennent d’OGM.

La plupart des imprimeurs continuent à opter pour l’impression standard, pour des questions de coût évidemment.

La durée de vie

L’avantage revient largement au livre papier, qui a une durée de vie quasi illimitée, selon ses conditions de conservation. A l’inverse, les supports numériques ont tous une durée de vie limitée (et là, on ne parle même pas d’obsolescence programmée) avec une moyenne d’environ 10 ans.
Et si le joujou numérique tombe en panne, gageons qu’il devra certainement être jeté, les appareils de ce type n’étant pas prévus pour pouvoir être réparés.

Concernant la fin de vie, que ce soit pour la version numérique ou la version papier, l’absence de recyclage génère une forte pollution.

Si la liseuse numérique n’est pas recyclée dans les règles de l’art (c’est-à-dire déposée en déchetterie comme tous les autres DEEE), elle risque de terminer dans des filières illégales des pays en voie de développement, où les appareils sont démontés à la main, exposant les travailleurs qui sont parfois des enfants, à des substances toxiques.

Si le livre papier fini à la décharge sans passer par la filière de recyclage, sa décomposition engendrera deux fois plus de GES et de pollution des eaux que sa fabrication. Le recyclage est donc primordial ! Pour en savoir plus :

(1) Sources : The Washington Post « iPads and Kindles are better for the environment than books », Brian Palmer ; The New York Times « How Green Is My iPad? », Daniel Goleman et Gregory Norris ; L’ACV de Terre Vivante, l’écologie pratique

Quelle serait alors la meilleure solution ?

Quels que soient les chiffres sur lesquels on se base, la balance penche sérieusement du côté du livre en papier recyclé, qui reste la manière la plus écologique de lire.

Moins d’eau, moins de fibres de bois, une durée de vie importante. Et c’est sans compter le fait qu’un livre papier se prête, s’échange, s’emprunte à la bibliothèque etc.

 

Voilà qui ne va pas simplifier le débat entre le papier et le numérique. Pourtant je suis une adepte de ma liseuse et je lis énormément ebooks, je reconnais c’est assez pratique, cela permet de lire n’importe où, et d’avoir toujours une bibliothèque avec soi. Mais quel bonheur de tenir un livre, un vrai avec sa belle couverture, son odeur, la texture du papier, et le bruissement des pages.

Et puis quel bel objet dans la bibliothèque, à côté de tous ses autres copains, cela mon kindle ne le remplacera jamais, même avec sa belle protection rose.

Et vous, vous en pensez quoi?

A bientôt sur Lire Quoi Pourquoi Comment

I.G.

[Top]