Elle ne s’en est jamais cachée, Amélie Nothomb aime le champagne. Mais dans son dernier roman, le 23e – naturellement un des événements de cette rentrée littéraire – elle nous dévoile aussi combien elle déteste boire seule…

Elle décide donc de chercher le ou la «convigne» idéale. Difficile. Jusqu’au jour où lors d’une dédicace, elle découvre qu’une de ses correspondantes assidues, Pétronille Fanto n’est pas la vieille philosophe qu’elle imaginait mais un jeune garçon manqué, spécialiste de Shakespaere et fille de banlieusards communistes! Une Pétronille qui aime surtout et beaucoup le champagne. De quoi voir se nouer, rapidement, une amitié entre les deux jeunes femmes. L’une n’ayant, côté originalité, rien à envier à l’autre!

Car, comme Amélie, Pétronille écrit. Et bientôt, ses livres connaissent un certain succès critique. Parallèlement, les deux copines connaissent de nombreux bons moments qu’Amélie partage largement avec ses lecteurs.

Ainsi, ce déplacement à Londres d’Amélie pour interviewer Vivienne Westwood et qui voit l’écrivain promener le chien de la couturière dans les rues de la capitale anglaise. Ou encore cette semaine au ski où les allergies de Pétronille transforment chaque matinée en grand nettoyage de printemps! Sans oublier un réveillon de Nouvel an chez les parents de Pétronille en compagnie de Marie-Rose, vieille recrue communiste persuadée que la Corée du Nord se porte mieux que celle du Sud et que tous les ex-Berlinois de l’Est regrettent la chute du mur…

Entre réalité et imaginaire – la fin du roman est vraiment énorme – Amélie Nothomb balade le lecteur comme elle l’entend. Le laissant croire qu’il lit un récit réel alors qu’il s’agit simplement d’une fiction courte mais bien ficelée…

Reste le portrait de Pétronille dans laquelle beaucoup reconnaissent la personnalité de l’écrivain et essayiste française Stéphanie Hochet. Un bel hommage d’Amélie Nothomb à une amie dont elle admire le talent. Et le lecteur s’amusera aussi à comparer les titres des romans de Stéphanie Hochet à ceux de Pétronille Fanto: Vinaigre de miel pour Moutarde douce; Néon pour Le néant de Léon ou encore Les coriaces pour Les infernales. Amélie Nothomb s’est manifestement amusée dans ce roman tragi-comique et un rien burlesque.

Amélie Nothomb, «Pétronille», Albin Michel, 169 p.

Source: L’avenir: Marie-Françoise GIHOUSSE

On ne voyait que le bonheur de Grégoire Delacourt

sans-titre« Une vie, et j’étais bien placé pour le savoir, vaut entre trente et quarante mille euros.
Une vie ; le col enfin à dix centimètres, le souffle court, la naissance, le sang, les larmes, la joie, la douleur, le premier bain, les premières dents, les premiers pas ; les mots nouveaux, la chute de vélo, l’appareil dentaire, la peur du tétanos, les blagues, les cousins, les vacances, les potes, les filles, les trahisons, le bien qu’on fait, l’envie de changer le monde.
Entre trente et quarante mille euros si vous vous faites écraser.
Vingt, vingt-cinq mille si vous êtes un enfant.
Un peu plus de cent mille si vous êtes dans un avion qui vous écrabouille avec deux cent vingt-sept autres vies.
Combien valurent les nôtres ? »
À force d’estimer, d’indemniser la vie des autres, un assureur va s’intéresser à la valeur de la sienne et nous emmener dans les territoires les plus intimes de notre humanité. Construit en forme de triptyque, On ne voyait que le bonheur se déroule dans le nord de la France, puis sur la côte ouest du Mexique. Le dernier tableau s’affranchit de la géographie et nous plonge dans le monde dangereux de l’adolescence, qui abrite pourtant les plus grandes promesses.

 

Peine Perdue de Adam Olivier

51ujfdFafoL__SL160_

L’amour sans le faire de Serge Joncour

sans-titre

 

Fonds Perdus de Thomas Pynchon

sans-titre